Le parodonte, c'est tout ce qui tient la dent : la gencive, le ligament, le cément et l'os alvéolaire. Quand la plaque bactérienne s'installe durablement sous la gencive, l'organisme déclenche une réaction inflammatoire qui finit par détruire ces tissus de soutien. La dent, elle, reste intacte — mais elle n'a plus rien pour la retenir.
Gingivite et parodontite : la différence est capitale
La gingivite est une inflammation limitée à la gencive. Elle est entièrement réversible : un détartrage et une technique de brossage correcte suffisent à la faire disparaître en deux semaines. La parodontite, elle, a franchi la barrière : l'os est atteint, et la perte osseuse est définitive. On peut l'arrêter, on ne peut pas la reconstituer spontanément.
Les sept signaux d'alerte
- Du sang sur la brosse ou dans le crachat, même occasionnellement. Une gencive saine ne saigne pas.
- Des gencives rouges, gonflées ou douloureuses au brossage.
- Une mauvaise haleine persistante malgré une bonne hygiène.
- Des dents qui paraissent plus longues : la gencive se rétracte et découvre la racine.
- Des espaces noirs qui apparaissent entre les dents.
- Une sensibilité nouvelle au froid au niveau des collets.
- Une dent qui bouge légèrement, ou dont la position a changé.
Les facteurs qui accélèrent tout
À hygiène égale, tout le monde n'est pas exposé de la même façon. Certains facteurs multiplient nettement le risque et la vitesse de progression.
- Le tabac, de très loin le premier facteur. Il masque en plus le saignement, donc retarde le diagnostic.
- Le diabète mal équilibré, dans une relation réciproque : la parodontite déséquilibre aussi la glycémie.
- Le stress chronique et la baisse d'immunité qui l'accompagne.
- Une prédisposition familiale, à ne pas sous-estimer.
- Les variations hormonales : grossesse, puberté, ménopause.
La prévention qui fonctionne vraiment
Trois gestes, pas un de plus, mais faits correctement et tous les jours.
- Un brossage de deux minutes, deux fois par jour, brosse souple, mouvement du rose vers le blanc. La dureté de la brosse n'a jamais compensé une mauvaise technique.
- Un nettoyage interdentaire quotidien : brossettes de diamètre adapté en priorité, fil dentaire lorsque les espaces sont trop serrés. La brosse ne nettoie que 60 % des surfaces.
- Un détartrage professionnel annuel, semestriel si vous fumez, portez un appareil ou avez des antécédents.

Quand consulter ?
Dès le premier saignement répété. À ce stade, le traitement tient en une séance de détartrage et un ajustement de votre technique de brossage. Attendre la mobilité dentaire, c'est consulter plusieurs années trop tard, quand les options se réduisent à l'assainissement chirurgical et au remplacement des dents perdues.